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lundi 19 janvier 2009

The Pennsylvania State University

L’Université de l’Etat de Pennsylvanie est aujourd’hui l’une des dix plus grandes universités américaines par le nombre d’étudiants. Elle fut fondée par le Congrès de Pennsylvanie avec pour but d’enseigner les méthodes moderne d’agriculture, la tactique militaire et les arts mécaniques, ainsi que pour dispenser des études classiques de manière à obtenir une éducation générale et pratique au profit des classes populaires. Elle participe aujourd’hui à des programmes publics et reçoit des subventions, mais elle est autonome financièrement et gérée par un bureau indépendant. Comme toutes les universités américaines, Penn State a un département sportif qui a pour emblème le Nittany Lion, son équipe de football compte parmi les plus célèbre des Etats-Unis et le stade de l’université, qui se situe sur le campus principal à State College, est le deuxième plus grand stade américain.

Le 22 février 1855, l’assemblée nationale de Pennsylvanie promulgue une loi qui créée la Farmers' High School of Pennsylvania qui s’installe au centre de l’Etat, sur des terres donnée par James Irvin, député local, éminent agronome et forgeron. En 1861, les premiers diplômés d’un programme de baccalaureate (premier grade universitaire aux Etats-Unis, équivalent de la licence française) dans un établissement d’enseignement supérieur agricole américain sortent de la Farmers' High School of Pennsylvania. Elle sert alors de modèle et de laboratoire pour les nouvelles lois fédérales Morill de dotation de terrains en 1863, alors que le nom de l’école est devenu Agricultural College of Pennsylvania. Dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle et notamment après la terrible Guerre Civile américaine (1861-1865), le pouvoir fédéral poursuit une politique soutenant l’enseignement et la recherche dans le domaine agricole.

Des lois fédérales, appelées lois land-grant (dédiées à la terre), donnent des terres qui appartenaient à l’Etat fédéral à des établissements scolaires sélectionnés par chaque Etat pour développer des universités agricoles chargées d’offrir une formation supérieure pratique aux exploitants agricoles et de diffuser les découvertes scientifiques pour obtenir une agriculture à la pointe du progrès. Ces lois voient le jour dans le contexte de la Guerre Civile et le but est à la fois de développer l’économie, d’éduquer les classes populaires et d’apporter une formation militaire à ceux qui sont les officiers de l’armée de l’Union. Ces lois ont cependant un but de promotion sociale, les établissements qui en bénéficient s’adressent en priorité à la classe ouvrière. Alors que le système universitaire américain était uniquement privé jusqu’alors (1), elles mettent en place le système des universités dédiées à la terre. Fondée en 1887, l'association nationale des universités d'Etat et des établissements dédiés à la terre (2) est la plus ancienne association de l'enseignement supérieur aux Etats-Unis. Dédiée à appuyer l'excellence de l'enseignement, la recherche et le service public, l’association est à la direction de l'éducation au niveau national depuis plus de 120 ans.

Au long du vingtième siècle d’autres programmes fédéraux suivront pour développer les capacités de recherche de ce qui est aujourd’hui le College of Agricultural Sciences de Pennsylvania State University, avec notamment la dotation de laboratoires et de fermes expérimentales à travers toute la Pennsylvanie. Au fur et à mesure que la mission de l’établissement s’élargit de l’agriculture à l’enseignement général son nom change, il devient Pennsylvania State College en 1876 et enfin Pennsylvania State University, son nom actuel, en 1953. PSU est à la pointe de la technologie, en 1955 elle est la seconde université à disposer d’un réacteur nucléaire. Elle fait aussi partie des universités dédiées à la recherche spatiale. L’Université compte aujourd’hui 86’000 étudiants répartis sur 20 campus, cependant le campus principal de State College, University Park, regroupe à lui seul 44’000 étudiants.

Les équipes sportives de l’Université de l’Etat de Pennsylvanie font la fierté de l’université, elles défendent ses traditions, portent son esprit et sont un vecteur médiatique incomparable. Le nom des équipes de Penn State c’est les Nittany Lions, textuellement les lions du Nittany, le mont Nittany étant une montagne à proximité de State College dont le nom en langue indienne signifie « la montagne solitaire » et les lions des montagnes étant des pumas dont la présence dans la région est attestée jusqu’aux années 1880, et qui ont aujourd’hui disparus. Une statue représentant un Nittany Lion orne le centre de l’université et l’emblème d’une tête de puma de profil stylisé est présent sur tous les vêtements aux couleurs de Penn State. Le Nittany Lion a été élu la meilleure et plus célèbre mascotte de toutes les universités américaines. L’équipe de foot (américain) des Nittany Lions est connue dans tous les Etats-Unis, et son stade, le Beaver Stadium est le deuxième plus grand stade américain avec 107'282 places.

Pennsylvania State University est l’exemple type des universités américaines et à ce titre elle me fourni l’occasion d’expliquer le fonctionnement comptable d’une université, sachant qu’on retrouve le même modèle pour les musées, les orchestres, les opéras et généralement toutes les grandes institutions non-commerciales aux Etats-Unis (3). Le créateur de l’institution, c'est-à-dire dans le cas de PSU : le Congrès de Pennsylvanie (mais dans d’autre cas il peut s’agir d’une ville, d’une fondation, d’une association ou d’un individu), la dote d’un capital, en argent, en terrains ou autre et d’une mission (à savoir ici, enseigner l’agriculture aux classes populaires). L’université va ensuite gérer son capital et l’augmenter par des campagnes annuelles de collecte de fonds auprès de donateurs individuels. Le capital de PSU est aujourd’hui de 1,6 milliards de dollars. Grâce à des placements financiers, en actions, obligations, participations dans des entreprises et des fonds de pensions, placements mobiliers et immobiliers, ce capital procure des revenus annuels qui s’ajoutent aux frais de scolarité payés par les étudiants et assurent l’indépendance budgétaire de l’université.


(1) Privé au sens américain. A Philadelphie, l’Université de Pennsylvanie a été fondée par Benjamin Franklin en 1750 sur fonds de donateurs privés avec une mission de service public. En effet aux Etats-Unis les dons à des organisations d’utilité publique sont déductibles à 100 % des impôts sur le revenu, chacun peut donc choisir à quoi sert l’argent public.
(2) La NASULGC.
(3) Lire à ce sujet l’excellent livre de Frédéric Martel, De la culture en Amérique, Editions Gallimard, 2006. Il y traite de tout le domaine culturel aux Etats-Unis, et notamment des modes de financements si inhabituels pour des Français.

mercredi 5 novembre 2008

Le choix populaire

Je suis un inconditionnel de la démocratie, le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, même si le choix n’est pas le mien… Il ne faut rien dramatiser, les Etats-Unis sont une fédération décentralisée et appliquent la séparation des pouvoirs. C'est-à-dire que ce n’est pas demain la veille que Barack Obama ou le Parti Démocrate pourront interdire les armes par exemple. Tous les spécialistes des Etats-Unis savent que les décisions prise par le gouvernement et qui s’appliquent à la société ne peuvent être appliquées que si elles sont le fruit d’un large consensus.

Au niveau international, les officiers de l’armée et par exemple le général Petraeus reste en poste et la stratégie ne changera pas totalement du jour au lendemain. Il va bien falloir que Barack Obama, maintenant qu’il est élu, mette à jour sa stratégie, on ne vit pas dans un monde où « tout le monde est beau et gentil », discuter avec tout le monde c’est bien, mais est-ce que cela résout les problèmes ?


J’ai toujours été pragmatique, je jugerai les actions de l’administration Obama sur pièce, en souhaitant le meilleur pour l’Amérique et le monde.

vendredi 31 octobre 2008

Les élections vues de Philadelphie

Autant vous le dire tout de suite je ne sais pas qui gagnera mardi prochain. Je peux vous dire qu’à la télévision et dans la rue c’est surtout d’Obama qu’on entend parler ici. Les démocrates convaincus et les blacks vont voter pour Obama, c’est clair, mais après ? Les sondages donne aussi la victoire à Obama, ainsi que les Français… Vu les deux dernières expériences on peut espérer la victoire de McCain…

Il me semble important de rappeler quelques faits : les Américains ne vont pas se décider sur des paillettes, c’est des faits qui les font changer d’avis. On peut se demander pourquoi ceux qui ont donner la majorité à Bush en 2000 et en 2004, choisiraient Obama.

Donc les faits. Pour Obama : sa jeunesse, son style, son discours, le soutien des démocrates, des médias et des « stars ». Contre Obama dans son projet : son colistier -- je pense qu’il ne lui apporte rien, voir qu’il le dessert ; son inexpérience que tout le monde reconnaît, et son passé -- il est poursuivi par tout un tas de faits et de personnes qui mettent en avant son ancrage à gauche voir très à gauche, son colistier étant classé bien à gauche aussi, or les élections américaines se remportent au centre.

En ce qui concerne McCain, contre lui : son age, un style pas trop attirant, le fait qu’il succède à deux mandats républicains et que George Bush n’a pas une très bonne image. Pour McCain : l’image positive de sa colistière, la cohérence de ses propos, son passé de héros du Vietnam et d’homme politique indépendant, respecté et respectable. Il a notamment été au cœur des révolutions de velours qui ont démocratisés les pays d’ex-URSS (Ukraine et Géorgie notamment).

Pour ce qui est de l’impopularité de George W. Bush, en gros en 2000 et en 2004 on nous a déjà servi la même soupe, à savoir que Bush serait un extrémiste qui n’est populaire que chez une fraction d’Américains excessifs et ultra-conservateurs. On nous présente la politique de Bush comme un échec sur toute la ligne, la guerre en Irak comme un bourbier duquel il faut se retirer. Eh bien moi je ne suis pas du tout convaincu par ce discours. La plupart des Américains savent bien que Bush a plutôt réussit au niveau économique, que la crise actuelle n’est pas due à ses décisions, en fait les Américains savent bien que l’Etat ne dirigent pas l’économie aux Etats-Unis, et ne le veulent pas. Concernant la guerre en Irak je ne suis pas convaincu du tout que les Américains veulent partir, il faut se souvenir du traumatisme du Vietnam qui n’est pas si loin (et c’est un bon point pour McCain), beaucoup d’Américains n’ont jamais voulu la défaite et une majorité d’Américains n’a accepté le retrait que parce que cette guerre envoyait mourir des appelés qui ne le voulait pas. Aujourd’hui, d’une part l’armée américaine est composée de professionnels, mais le nombre de tués au combat est à peine plus élevé qu’en temps de paix, alors que deux guerres majeures se déroulent en Irak et en Afghanistan.

samedi 25 octobre 2008

Philadelphia

Philadelphie est la sixième ville des Etats-Unis avec près de 1'450'000 habitants dans la commune (Philadelphia City) et quelque 5'950'000 habitants dans son aire métropolitaine (PMSA de Philadelphie–Camden–Wilmington). Surnommée Philly, c’est une ville de l'État de Pennsylvanie, située au nord-est des Etats-Unis, entre New York et Washington DC. Centre historique, culturel et artistique majeur aux États-Unis, Philadelphie est également un grand port industriel sur le fleuve Delaware qui se jette dans l’océan Atlantique. Fondée en 1682, elle fut au XVIIIe siècle la ville la plus peuplée des treize colonies avant de devenir pour un temps la capitale des États-Unis. A présent, Philadelphie est la principale métropole de l'État de Pennsylvanie, dont la capitale est Harrisburg. Enfin, le nom de la cité, choisi par William Penn, signifie « la ville de l’amour fraternel », car elle fut un îlot de tolérance religieuse et le berceau de la philosophie qui donna naissance aux Etats-Unis.

La ville est bâtie sur un plan en damier, avec des rues qui traversent toute la ville, orientées Nord/Sud, Est/Ouest. Au centre de la ville actuelle se trouve City Hall, la « mairie », à l’intersection de Market et Board Streets. En fait c’est un grand bâtiment carré avec une cours intérieure, style Second Empire, on entre dans cette cour par quatre portes qui donnent sur les rues, on peut s’y asseoir, il y a des tables, et il y a des accès aux stations de métro. La ville s’est développée des bords du fleuve Delaware vers l’Ouest, et la ville historique, dont Independence Hall où fut proclamée l’indépendance le 4 juillet 1776, se trouve à l’Est au niveau de la 5ème rue, les rues orientées Nord/Sud sont toutes numérotées et sont parallèles d’Est en Ouest sauf Board Street qui bien qu’elle soit parallèle aux rues numérotées porte un nom (pour le centre ville, car autour les rues porte des noms).

Juste à coté se trouvent des bâtiments de Temple University (la grande université de Philadelphie) et Thomas Jefferson University (qui est un hôpital universitaire). Dans la tradition américaine de diversité il y a une vingtaine d’universités à Philadelphie et pas vraiment de centralisation. L’université de l’Etat de Pennsylvanie c’est Penn State et elle se trouve au centre de l’Etat à quatre heures de route de Philadelphie.

Juste à coté de City Hall on peut accéder à Suburban Station, la gare, connectée au métro, aux trolley et aux trains régionaux, c’est la SEPTA qui gère tout ça. Mais ce n’est pas des trains que je veux parler maintenant, c’est de la gare, en fait c’est plus un centre commercial, un lieu où on peut manger, plein de bonnes choses, des pizzas, des salades, des hamburgers, des cheesesteaks, des cafés, des donuts, chinois, italien, japonais, mexicain, il y a pour tout les goûts, et on retrouve ces Food Courts un peu partout aux Etats-Unis, en général les tables sont mutualisés entre les différents restaurants, mais c’est pas toujours le cas.

Je vous parlerai prochainement de l’histoire de Philadelphie, de William Penn à l’adoption de la Constitution. Et des services publics américains, qui contrairement à l’idée reçue en France sont très développés mais pas du tout dans la même optique.

mardi 21 octobre 2008

Fishtown

Voilà déjà un mois que je suis ici, le temps passe vite. Depuis hier il fait plus froid la nuit, enfin jusqu’au 20 octobre il a fait aussi chaud, voir plus chaud, que l’été en France. Ici le quartier s’appelle Fishtown, un ancien nom qui rappelle que les Américains étaient des marins-pêcheurs. On est au Nord-Est de Philadelphie le long du fleuve Delaware, à 5 minutes il y a Port Richmond où se trouve le centre commercial, c’est le nom du port industriel sur le Delaware, mais je crois qu’il n’est plus trop en activité. La grande rue c’est Aramingo Avenue avec plusieurs restaurants et grandes surfaces.


A midi j’ai mangé pour $6.63 une grosse salade à Arby’s (une sorte de McDo) avec du fromage, du poulet, des pommes, du raisin et des cranberries. Et ensuite j’ai été à Dunkin’ Donuts prendre un café et un muffin pour $3.30 un grand café à la cannelle et un muffin aux myrtilles. Hier je suis allé à IHOP, ça fait déjà 3 fois que j’y vais, c’est la maison internationale des pancakes. La semaine dernière, pour $13 j’ai eu 3 pancakes, 3 saucisses, 3 tranches de bacon grillé (en fait c’est comme du lard chez nous), 2 oeufs et des pommes de terre râpées grillées. Hier, pour $20 j’ai eu 3 pancakes et une grosse Ceasar Salad que j’ai eu du mal à finir.


Toute la ville est constituée de rues qui se croisent à angle droit, ce qui fait que certaines rues d’ici vont jusqu’au centre ville, en fait il faut pas croire parce que c’est la même rue que c’est à côté. Ici la plupart des rues sont des « petites » rues à sens unique, sans marquage au sol (ça fait des économies), en fait elles sont plus large qu’une route normal à 2 voies française, de chaque côté il y a des voitures garées, l’une derrière l’autre, bien que je n’ai pas vu de policier, et au milieu il y a la place pour les voitures qui passent et même quand une voiture est à l’arrêt en double file et un peu serrée, ceux qui passent peuvent la doubler sans problème. Je n’ai pas encore vu d’altercation entre conducteurs.


Pour ce qui est des voitures, ici il y a beaucoup de « trucks » (comprenez pick-up), Dodge, Ford, Chevrolet, GMC, quelques Nissan, les Hummer ou les Grand Cherokee paraissent petits à côté. Pour ce qui est des berlines beaucoup de japonaises : Honda et Toyota principalement, et surtout des américaines : Dodge, Chevrolet, Oldsmobile et des autres marques que je connais pas, peu d’européennes et seulement des grosses Mercedes ou Audi.


Dans les magasins ils y a un très grand choix, en général 10 sortes ou plus d’un produits, certaines choses sont un peu déconcertantes pour un Français, il y a un grand choix de farines, toutes complètes avec des trucs en plus, de blé, de maïs, de pomme de terre ; par contre peu de choix de sucre, pas de sucre vraiment complet (étonnant pour un pays producteur de sucre) ; le chocolat en tablette ou en bouteille (pas en poudre) pour faire du chocolat au lait ou pour mettre sur un peu tout c’est Hershey (le nom d’un ville pas loin de Philadelphie où il y a une grande marque de chocolat du même nom). En général les produits dans les magasins coûtent moins cher qu’en France et en plus ils sont vendus dans des quantités doubles ou plus.


Comme c’est bientôt halloween beaucoup de maisons sont décorées et on se croirait dans un dessin animé. Il y a beaucoup d'églises, avec des cimetières à côté, beaucoup d'écoles et de jardins d'enfants, mais peu de bâtiments publics (mairies, préfectures, etc.).


vendredi 3 octobre 2008

Le débat des candidats vice-présidents

Je viens de regarder le débat entre les deux candidats à la vice-présidence, Sarah Palin et Joe Biden. Je trouve que Sarah Palin l’a emporté sur toute la ligne, elle avait un discours clair, elle savait ce qu’elle disait, elle parlait vrai. Dans un style très sympathique, d’ailleurs ma propriétaire l’a rencontré il y a quelques jours au centre-ville de Philadelphie et elle l’a trouvé aussi très sympathique et qui reste à la portée des gens, elle ne se sent pas supérieure, elle est étrangère à cette classe de politiciens de Washington, elle l’a d’ailleurs dit ce soir. Pour ceux qui disaient que Sarah Palin n’était pas au point sur ses dossiers et qu’elle était sur le point de craquer le démentit est indiscutable.


J’ai trouvé que Biden était constamment sur la défensive, soit en défendant son « ticket » -- lui et Obama -- en expliquant qu’ils allaient pas faire ce qu’on croyait qu’ils allaient faire, en expliquant qu’ils allaient créer des emplois en augmentant les impôts et développer l’indépendance énergétique des Etats-Unis -- alors qu’ils ont toujours été contre les recherches et les exploitations pétrolières, gazières ou de charbon en Amérique… Soit en essayant de convaincre les gens que John McCain n’était pas celui qu’il prétend -- le « maverick » (on peut le traduire par franc-tireur). Or on connaît McCain, il a une histoire derrière lui et les Américains, comme les journalistes, peuvent aisément constater que son discours et celui de sa colistière sont cohérents -- même si ils ne plaisent pas à tout le monde. Franchement je cherche toujours le discours d’Obama…

jeudi 2 octobre 2008

Octobre 2008, élection présidentielle dans un mois


Ce soir, aura lieu le débat entre Sarah Palin et Joe Biden, les deux candidats à la vice-présidence. Laissons-là les suppositions sur ce débat, on verra sur place et je vous ferai un compte-rendu après.

Pour l’instant il me semble utile de faire le point sur deux sujets importants qui sont au cœur de l’actualité et qui sont mal compris des Français. Le premier a été abordé lors du débat présidentiel de vendredi dernier, il s’agit de la finalité de l’engagement militaire américain dans la guerre contre la terreur. Le second est en train de se développer, il s’agit de la crise financière, qui en est responsable et comment la résoudre. J’ai eu la chance de visionner l’intégralité du débat McCain-Obama, à tête reposée et en Américain.

Donc le point qui m’a semblé le plus important dans ce débat -- dont le sujet défini à l’avance était la politique étrangère -- fut la vision différente des candidats sur la guerre contre la terreur et de son pendant irakien. John McCain a expliqué aux Américains la position que je défend depuis longtemps sur le blog des Amis du Parti Républicain (http://ffgop.canalblog.com/), à savoir qu’une issue victorieuse de la guerre contre la terreur passe obligatoirement par la promotion de la démocratie au Moyen-Orient et que la victoire de la démocratie en Irak est une grande défaite pour al-Qaida. Que la victoire en Irak va aussi avoir des conséquences positives sur la situation en Afghanistan, et notamment parce que le général David Petraeus, qui était le commandant de la Force multinationale en Irak et l’artisan de la nouvelle stratégie contre-insurrectionnelle qui a conduit à la victoire en Irak, a pris le commandement du Central Command, le commandement américain pour tout le théâtre d’opération du Moyen-Orient. Barack Obama a défendu les idées qu’il défend depuis longtemps, il a dit que la guerre contre le terrorisme n’avait rien à voir avec l’Irak et que les Américains n’avaient rien à y faire. McCain lui a fait remarqué que le général Petraeus n’était pas de cet avis.

Honnêtement j’ai trouvé le discours de McCain plus cohérent, Obama paraissait plus à l’aise pour s’exprimer et pour faire ses démonstrations, mais il est apparu aussi moins sûr de ses choix et des raisons de ses choix. Maintenant en quoi cela va-t-il jouer ? Peut-on dire qu’il y a un gagnant et un perdant à l’issue de ce débat ? Je pense qu’il est trop tôt pour le dire.

Le second point que je voudrais aborder est celui de la crise financière. Actuellement, on entend beaucoup les Démocrates, dont Nancy Pelosi, qui mettent sur le dos des Républicains la crise. Or de plus en plus de gens connaissent la vérité et savent que cette crise est le fruit de d’une politique menée par l’administration Clinton et que les Démocrates ont toujours soutenue au Congrès même lorsque des Représentants républicains ont tirés la sonnette d’alarme.

Il faut bien voir qu’ici aux Etats-Unis, ce n’est pas le Président, ni son gouvernement (« l’administration ») qui décident -- ce sont eux qui exécutent la loi -- mais c’est le Congrès qui vote la loi, et dans le cas présent, comme le Congrès a longtemps été démocrate la marge de manœuvre de George W. Bush et des Républicains étaient très étroite.

Maintenant il ne faut pas oublier que nous sommes en pleine campagne présidentielle, dans la dernière ligne droite où chaque candidat essaye de récupérer l’évènement à son avantage, en plus comme les élections se passe toutes en même temps, les Représentants et les Sénateurs qui sont en campagne aussi refusent de voter un plan qui ferait payer les erreurs des dirigeants par le peuple tout en leurs laissant la possibilité de refaire les mêmes erreurs. Un système qu’en France on appelle « responsable mais pas coupable », mais que le fréquent retour devant les électeurs, et le fait que les votes au Congrès ne sont pas secret, limite ici très sérieusement.

lundi 29 septembre 2008

2008 NL East Division Champs



Samedi je suis allé voir le premier match de baseball de ma vie. Il faut dire « baseball game », ça dure 3 heures dans un stade de 45'000 personnes. J’ai eut de la chance car c’était un match historique, les Phillies (l’équipe de Philadelphie) en remportant leur second match d’une série de trois contre les Nationals (l’équipe de Washington DC) ont été couronnés champions de la Division Est de la Ligue Nationale.



Le nouveau stade des Phillies (il a 3 ans) est impressionnant, on était tout en haut, faut pas avoir le vertige. Lors des principales actions tout le monde se lève et agite une petite serviette pour soutenir les Phillies. Il y a pas de tribune pour les supporters adverse, en fait c’est plus comme une fête foraine. Ici les gens sont en famille, il y avait même beaucoup de filles de mon age (ce qui m’a un peu surpris), il y a plein de stands dans le stade pour acheter des boissons, des cacahouètes (une tradition), des sandwichs, en fait tout au long du match on se lève pour laisser les gens passer.



Lors de la victoire ils ont tous crié, embrassades, feux d’artifices, la cloche de la liberté (« liberty bell », le symbole de Philadelphie et des Phillies) dont un emblème orne le stade qui se met à sonner. Ensuite tout le monde est reparti calmement, il y avait un grand parking à vider où j’ai pu voir un échantillon du parc automobile américain. Il n’y avait pas plus de policiers que ça, mais tout c’est déroulé dans l’ordre.

mardi 23 septembre 2008

Special Report from Philadelphia

23 septembre -- j’habite une jolie petite maison à 5 minutes du centre-ville de Philly, la propriétaire me dit que c’est petit mais c’est plus grand que mon appartement de Nancy. Les écureuils passent dans la cour, j’ai vu beaucoup d’écureuil depuis que je suis ici. Il fait bon, encore un peu chaud, mais c’est supportable.

A Philadelphie j’ai retrouvé ce que j’aime en Amérique, la « culture de l’excellence », les restaurants et les magasins, avec un choix énorme. Les restaurants sont en général spécialisés, certains font les breakfasts comme International House of Pancakes (IHOP), d’autres les glaces comme Friendly’s, d’autres des pâtisseries comme Au bon pain (et les pâtisseries sont meilleurs qu’en France !).
Il y a des restos chinois, japonais, italiens. Des restos pour les salades, des steakhouses, des spécialistes du hamburger ou du cheesesteak (je suis à Philly et c’est la spécialité), un sandwiche avec du steak et du fromage auquel on peut ajouter des oignons, des champignons, du piment, suivant les recettes.

Les Américains sont en général gentils, à Philadelphie les supporters de campagne que j’ai vu sont tous pour Obama, et sont content de voir un Français (je ne leur ai pas dit que j’étais pour McCain).

Je vais essayer de vous écrire une fois par semaine pour vous rapporter mon expérience en Pennsylvanie.