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mercredi 30 juin 2010

L'Iran au cœur de la cible


En ce début d’été 2010 de nombreuses informations apparaissent laissant penser que les frappes aériennes prévues depuis plusieurs années sur l’Iran et ses installations nucléaires pourraient avoir lieu prochainement. Dans cet article, différentes informations sont données, et plusieurs hypothèses crédibles sont énoncées, destinées à replacer ces informations dans leur contexte et à analyser les conséquences qui peuvent découler.

Le postulat initial est la volonté de la communauté internationale d’aboutir, cette volonté ne semble faire aucun doute même si un accord reste toujours possible. La question de l’intensité des frappes et de savoir si elles impliqueront le recours à des troupes au sol reste posée. La question de savoir si le régime iranien sera renversé, et par qui, l’est aussi. Y aura-t-il engagement massif des troupes alliées au sol comme en Irak en 2003, ou simple soutien à une coalition anti-gouvernementale comme en Afghanistan en 2001 ?

Les informations dont nous disposons nous laissent croire, en tout cas, que le temps de l’action se rapproche à grands pas.


1) Petraeus :


  • David Petraeus est le militaire américain qui a le mieux compris la guerre pour la démocratie menée au Moyen-Orient. La justesse de ses choix et ses qualités de commandement ont permis la mise en place d’un Irak démocratique qui s’appuie sur de puissantes forces de sécurité qu’il a contribué à créer en tant que commandant du MNSTC-I (1) de juin 2004 à septembre 2005.

  • Dans le combat en cours, l’objectif n’est pas militaire, il est politique. Il n’est pas seulement de faire tomber des régimes totalitaires ou de conquérir des territoires, il est de changer la vie de millions de personnes en les libérant et en leur permettant d’accéder à des institutions démocratiques. Le combat va-t-il se poursuivre en Iran ?

  • 23 juin 2010, nomination de David Petraeus comme commandant direct en Afghanistan en plus du commandement du Central Command. C’est le plus apte actuellement à mener une guerre victorieuse contre l’Iran. On peut noter que l’article de Rolling Stone (2), officiellement cause de la démission de McChrystal, est surprenant, ainsi que ses conséquences… On peut se demander jusqu’à quel point tout ça n’est pas un montage pour cacher l’unification du commandement sous les ordres de Petraeus pour mener la guerre en Iran.

  • Le 16 mars 2010, Petraeus a désigné l'Iran comme « un État représentant un niveau de menace de premier ordre » au Proche-Orient. Il a dit au comité des forces armées du sénat américain que l'Iran par ses efforts pour se doter d'armes nucléaires, menace la sécurité dans toute la région, suscite une large course aux armements, et utilise ses forces paramilitaires (services spéciaux) pour déstabiliser l'Irak, le Liban, la Syrie, Gaza, l’Afghanistan et la région du Golfe et soutenir des organisations terroristes. Il a confirmé que le Président Obama n’a pas écarté l’idée d’une intervention militaire contre l’Iran. « Personne ne peut dire que l’Iran n’a pas eu toutes les occasions possibles […] Nous lui avons tendu la main et il ne l’a pas saisie ».


2) Consensus international :


  • Le consensus international est large, l’Europe, Israël, les États-Unis, les pays du Golfe derrière l’Arabie saoudite, les voisins directs de l’Iran (Azerbaïdjan, Arménie, Irak, Afghanistan) et la Russie. Tous ces pays se sentent menacés par les volontés expansionnistes de la révolution islamique : la volonté iranienne de fabriquer la bombe atomique n’étant que l’aboutissement d’une politique d’exportation de la révolution islamique commencée dès 1979 par Khomeiny.

  • La résolution 1929 du Conseil de sécurité des Nations unies montre l’adhésion de la communauté internationale à la volonté d’agir et lui permet d’engager une action militaire.

  • Le contentieux franco-iranien sur le nucléaire, et la campagne d’attentats terroristes iraniens des années 80 qui en a découlé, renforce la coalition. Il n’y a pas de risque que la France se désolidarise des autres pays occidentaux comme en 2003 face à l’Irak.

  • Selon plusieurs indices Américains, Israéliens, Britanniques et Français (3) s’entraînent actuellement en commun pour réaliser les frappes aériennes dans de nombreux exercices.


3) Indices factuels :


  • Concentration de forces navales alliées au large de l’Iran. L’exercice Rimpac 2010 (4) a permis la concentration de forces très importantes sans éveiller les soupçons. Il y a quelques jours, la traversée du canal de Suez par des forces importantes américano-israéliennes (5) a été interprétée par certains comme un renforcement face à l’Iran. Selon d’autres ces bâtiments font route vers le Pacifique pour participer à l’exercice Rimpac. De toute façon, les porte-avions américains participant à Rimpac doivent officiellement relever fin août la Cinquième flotte dans le Golfe. En comptant les portes–avions anglais et français positionnés face au Pakistan, une dizaine de groupes aéronavals alliés devraient alors être à proximité de la Mer d’Oman. Le site internet de l’exercice Rimpac ne mentionne pas de participation israélienne, il est donc possible de supposer que le convoi du canal de Suez n’est pas prévu pour Rimpac, va-t-il directement se placer face à l’Iran ? On peut également se poser des questions sur la durée de l’exercice Rimpac : se termina-t-il en août, ou avant ?

  • Possibilité de déploiement des avions israélien en Arabie saoudite. Plusieurs sources font mention de discussions entre Saoudiens et Israéliens, de l’accord des Saoudiens pour l’utilisation de leur espace aérien par les avions israéliens et de déploiement de matériel israélien sur des bases saoudiennes (base de Tabouk au nord-ouest de l’Arabie saoudite (6)). Sur cette question de nombreux avis s’élèvent pour dire qu’une coopération israélo-saoudienne est impossible, notamment au nom de la religion. Il faut se souvenir qu’un des alliés principaux de l’Iran islamique pendant la guerre Iran-Irak était Israël. On peut dire également que permettre aux avions israéliens de se servir des bases saoudiennes ne serait pas pire que de permettre aux milliers de soldats “infidèles” de stationner en Arabie lors de la guerre du Golfe de 1991. Enfin il faut être réaliste, toutes les guerres dites de religion, comme celles qu’a connues la France au XVIe siècle, ne sont que des guerres entre des intérêts nationaux. Et dans le cas présent les Saoudiens ont besoin des Israéliens pour arrêter le programme nucléaire iranien.

  • Possibilité de déploiement israélien en Géorgie, en Arménie et en Azerbaïdjan (7). Il est probable qu’il s’agisse de forces spéciales en nombre limité, leur mission peut être de soutenir des forces de la résistance anti-gouvernementale iranienne et/ou de guider des raids aériens et aussi de secourir d’éventuels équipages éjectés.

  • Probabilité de déploiement israélien au Kurdistan irakien. Il existe des liens forts entre Israël et les Kurdes, PDK, UPK, organisations nationalistes kurdes en Iran et PKK, ce qui expliquerait d’ailleurs en partie l’attitude turque, car elle se sent menacée par la montée en puissance des Kurdes.


4) Hypothèse sur la rupture entre la Turquie et Israël :


  • L’alliance entre la Turquie et Israël est ancienne et importante, le rapprochement entre Ankara et Téhéran ne va pas de soi, malgré une tendance à la radicalisation, la Turquie a peu de chose à voir avec la révolution islamique. L’armée turque qui a encore un grand pouvoir ne s’est pas vraiment opposée à la politique actuelle anti-israélienne. Pourquoi ?

  • On peut émettre une hypothèse : l’invasion de l’Irak et sa stabilisation s’est fortement appuyée sur les Kurdes (voir notamment mon article sur les peshmergas dans le magazine ASSAUT n°49). Il est probable que les Américains et les Israéliens s’appuient sur les Kurdes iraniens aux fins de favoriser une révolution démocratique en Iran. La Turquie voit sûrement ça d’un très mauvais œil car des Kurdes dotés de larges pouvoirs en Irak et en Iran soutiendraient d’autant plus l’émancipation de leurs frères syriens et turcs. Hors, en Turquie environ 25 % de la population est kurde et tout l’Est montagneux du pays est revendiqué par les Kurdes de Turquie. L’armée turque est aux premières loges du combat contre le séparatisme kurde (mené par le PKK en Turquie), ça pourrait être une explication de son attitude, à savoir son consentement à l’abandon de l’alliance israélienne et au rapprochement avec les mollahs iraniens.


5) Contexte mondial :


  • La crise économique bat son plein en Europe et aux États-Unis : les gouvernements européens et celui des États-Unis peuvent trouver très intéressant de détourner l’attention de l’opinion publique de la crise et de leurs responsabilités dans ses causes et dans sa gestion désastreuse.

  • Dans le cas particulier des États-Unis, Obama est dans une impasse : sa politique économique est un échec, son ouverture aux régimes antiaméricains a été perçue, ce qui était prévisible, comme une faiblesse. D’autre part les militaires américains, comme l’a montré la polémique qui a abouti au limogeage du général McChrystal (8), critiquent le manque de détermination de l’administration Obama.


6) Participation israélienne :


  • En 1991, la stratégie adoptée par les États-Unis était que “l’intérêt bien compris d’Israël” était de faire profil bas. Le résultat n’a pas vraiment été au rendez-vous puisque la “condamnation” par les islamistes de l’engagement occidental au secours de l’Arabie saoudite a abouti au 11 septembre.

  • Il est possible que cette fois la donne soit différente. D’une part, Israël étant la première cible d’une bombe atomique iranienne, il est certain que pour s’assurer que le risque soit totalement écarté, les Israéliens, dont on connaît la sensibilité sur les questions de sécurité, voudront participer. Ensuite, la maîtrise et l’expérience des pilotes israéliens sur ce théâtre, notamment pour effectuer des frappes aériennes de grande précision contre des objectifs camouflés, les rendent indispensables.

  • Enfin, en se montrant publiquement comme les défenseurs d’un intérêt commun avec les Arabes, les Israéliens feraient une énorme opération psychologique. Aux yeux des foules arabes Israël ne serait plus chargé de tous les méfaits mais deviendrait celui qui leur a sauvé la mise. C’est ce que cherche tous les promoteurs de la paix entre Israël et ses voisins depuis les accords de Camp David il y a 30 ans, que les Arabes comprennent qu’ils ont intérêt à avoir un État d’Israël fort présent à leurs côtés.


Ceci est une analyse des faits actuels. L’imminence de la guerre avec l’Iran n’est pas une certitude. En rapprochant les discours des pays occidentaux, le fait que l’armée américaine à présent retirée d’Irak dispose de nouveau d’une grande liberté d’action, le fait que la population iranienne soutien moins que jamais le régime de Téhéran et le fait que le risque de voir l’Iran doté de l’arme atomique se renforce chaque jour un peu plus, on obtient un faisceau de présomptions digne d’intérêt.


(1) Voir l’article de Wikipedia sur le MNSTC-I : http://en.wikipedia.org/wiki/Multi-National_Security_Transition_Command_%E2%80%93_Iraq.

(2) Lire l’article : http://www.rollingstone.com/politics/news/17390/119236.

(3) Voir l’article : La France participe aux préparatifs de guerre contre l’Iran (http://www.egaliteetreconciliation.fr/La-France-participe-aux-preparatifs-de-guerre-contre-l-Iran-3526.html).

(4) Voir le site de l’exercice : http://www.c3f.navy.mil/rimpac_2010.html.

(5) Voir l’article : Une armée de navires américains et israéliens se dirigent vers l’Iran (http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=DEL20100620&articleId=19818).

(6) Voir l’article : De nouveau l’Arabie pressentie : une base militaire israélienne à Tabouk ? http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=MAZ20100624&articleId=19889.

(7) Voir l’article : Iran on war alert over "US and Israeli concentrations" in Azerbaijan (http://www.debka.com/article/8868/).

(8) Sauf si celle-ci est un bluff chargé d’induire en erreur l’ennemi, mais l’action actuelle de l’administration Obama, et notamment les désaccords stratégiques entre ses membres, est critiquée par les milieux militaires américains.

lundi 14 juin 2010

Les forces françaises de défense



Idées directrices :

  • Les forces françaises de défense assurent la défense de la population française, de ses intérêts directs et de la souveraineté de la France. Le Parlement décide et contrôle la politique nationale de défense. Le Parlement et le Conseil national de Défense définissent le fonctionnement des forces armées.
  • L’armée française agit sous les ordres du Président de la République, chef des armées, conseillé par le Conseil national de Défense.
  • Le Ministère de la Défense est responsable de l’organisation, de l’équipement et du soutien des forces.
  • La France fait partie de l’OTAN et coopère avec les forces armées des États démocratiques les plus proches de la France et de son identité culturelle (Royaume-Uni, Italie, Suisse, Belgique, Allemagne, Canada, Israël, États-Unis, autres pays de l’OTAN, Japon, Australie, Corée du Sud).
  • Réformer les forces de défense pour obtenir des unités plus opérationnelles, plus dynamiques, plus modernes et plus économiques. Optimiser les dépenses pour obtenir la meilleure défense possible en prenant en compte les contraintes économiques.

Organisation :

  • Unification de l’armée
  • Un commandement interarmées assure la mise en œuvre des directives du Conseil national de Défense.
  • Des commandements pour les forces terrestres, aériennes et navales lui sont subordonnés, ils assurent l’organisation et l’équipement des forces.
  • Un commandement de la garde nationale et des réserves assure le commandement des forces de défense du territoire et de secours à la population.
  • Un commandement national des opérations assure la coordination des forces françaises sur le territoire national en liaison avec les structures de commandement de l’OTAN.
  • Un commandement des opérations extérieures assure le commandement de toutes les forces françaises engagées hors du territoire national.
  • Un commandement du soutien logistique assure le soutien unifié de toutes les forces de défense.
  • Un commandement de l’entraînement et de la doctrine assure la formation initiale et l’entraînement. Il englobe toutes les écoles et les centres d’entraînement des forces de défense.
  • Un commandement des opérations spéciales assure le contrôle des forces d’opérations spéciales.
  • Un commandement stratégique assure la mise en œuvre de la dissuasion nucléaire.

Missions :

  • Assurer la défense des intérêts vitaux de la nation définis par le Parlement et la Constitution.
  • Assurer le secours et le soutien de la population civile, des infrastructures et de l’administration sur le territoire français (secours en cas de catastrophes, secours en montagne, lutte contre les incendies, défense NRBC).
  • Assurer la défense directe du territoire sur le modèle de la défense sectorielle de l’armée suisse.
  • Assurer le déploiement de forces militaires à l’étranger dans le cadre d’opérations nationales ou multinationales avalisées par le Parlement.

Armements :

  • Disposer d’armements de pointes, permettant de remplir les missions attribuées par la nation au meilleur rapport qualité / prix.
  • Loi sur le modèle canadien favorisant l’achat de matériel étranger en échange d’investissement dans les entreprises françaises d’armement.

Méthodes :

  • Une armée moderne, efficace, dynamique, disponible, sportive (méthodes Bigeard), des unités plus ramassées, une puissance de feu et des moyens.
  • Des standards de formation et d’entraînement équivalents aux plus hauts standards occidentaux. Tous les officiers et tous les pilotes reçoivent une formation des pratiques et des tactiques des fantassins parachutistes.
  • S’inspirer des méthodes organisationnelles, d’équipement, d’armement et de mise en œuvre, des armées israélienne, américaine, allemande, britannique, suisse et canadienne.
  • Méthodes commerciales civiles pour les développement et achat de matériels.
  • Privatisation et sous-traitance des tâches non militaires et non opérationnelles.

Mise en œuvre :

  • Programme de rééquipement individuel du soldat à l’exemple du programme canadien, nouveau camouflage, nouvelles armes individuelles (peut-être FN SCAR), nouveaux équipements individuels.
  • Nouveaux armements acquis sur étagères avec une loi de retour d’investissements comme au Canada (priorités : véhicule de reconnaissance / patrouille comme le LMV ou le Eagle IV, véhicule protégé contre les mines type DURO, camions type FMTV).
  • Hélicoptères : légers de reconnaissance missions type Gazelle / Kiowa, assaut missions type UH-60, moyens / lourds missions type CH-47 / CH-53.
  • Achat de véhicules blindés pour remplacer les AMX-10RC et les VAB.
  • Achat de véhicules blindés pour des rôles équivalents aux Rooikat sud-africains, CV90 suédois, Namer et Merkava israéliens.

dimanche 14 mars 2010

ASSAUT N°49

Vous trouverez dans le n°49 du magazine ASSAUT actuellement en kiosques cinq articles auxquels j’ai collaborés.

J’ai rédigé un gros article très bien renseigné sur LES PESHMERGAS, les combattants kurdes qui forment l’épine dorsale des forces de sécurité irakienne.



J’ai rédigé une présentation de l’opération HERRICK, l’engagement britannique en Afghanistan, l’occasion de faire le point sur l’engagement sans faille du Royaume-Uni dans la guerre mondiale contre le terrorisme (Global War on Terrorism) aux côtés des Etats-Unis.



Vous trouverez aussi dans ce numéro trois articles que j’ai traduits. Le premier sur les plongeurs démineurs de la Bundesmarine.



Le second sur la version d’appui des opération de maintient de la paix (Peace Support Operations) du Leopard 2, en cours d’essai dans les écoles de la Panzerwaffe.




Et le troisième et dernier sur l’Eagle IV, un véhicule suisse développé par MOWAG en service dans l’armée danoise et dans la Bundeswehr, qui les ont toutes les deux déployées en Afghanistan.



Bonne lecture !

samedi 3 octobre 2009

ASSAUT n°45, premier reportage terrain en Suisse

Ma participation au n°45 d’octobre a encore été importante avec deux traductions. La première est un gros article de notre correspondant allemand Clemens Niesner sur la Brigade Franco-Allemande qui fête ses 20 ans. La seconde vous emmène au Canada avec Carl Schulze pour découvrir la grande base d’entraînement de l’armée britannique à Suffield.


Mais le plus remarquable est mon premier reportage sur le terrain, texte et photos, en Suisse, à l’occasion de l’exercice PROTECTOR. L’occasion de se rendre compte qu’en Suisse il n’y a pas que le chocolat qui est bon ! L’armée suisse est très bien équipée et parfaitement capable de faire face à une agression.


Bonne lecture !

mercredi 15 juillet 2009

Participation exceptionnelle dans le n°43 d’août d’ASSAUT !

Avec 2 traductions-adaptations sur les forces spéciales libanaises et les snipers de la 82e Airborne à Bagdad, un invité du mois sur le M109 et un article d’actualité sur l’opération Khanjar, la grande offensive aéroportée des Marines au Helmand, ma participation au n°43 est exceptionnelle !

Au Liban vous apprendrez que le combat contre la terreur islamiste compte des combattants d’élite et que les objectifs de la guerre contre la terreur définis par George W. Bush se révèlent en train de s’accomplir. La fameuse « théorie des dominos démocratiques » tant décriée par les médias français devient chaque jour une réalité plus tangible. En Irak, en Afghanistan, en Arabie saoudite et dans les monarchies pétrolières du Golfe, en Afrique où les candidats dont les programmes sont les plus démocratiques ont le vent en poupe (voir aujourd’hui en Mauritanie).

Finalement le « grand Moyen-Orient » de la Mauritanie à l’Afghanistan est en train de changer et c’est un bien pour eux et pour nous !

Vous verrez aussi de jolies photos de l’automoteur américain M109.

Et enfin vous pourrez lire un article très complet que j’ai eu le plaisir de rédiger sur l’opération Khanjar (ce qui veut dire : « coup d’épée ») en cours en Afghanistan. C’est la plus grosse opération héliportée depuis la guerre du Vietnam. Elle a été lancée par les Marines pour réoccuper le sud de la province du Helmand et priver les taliban des revenus des cultures locales du pavot qui fournissent 90 % de l’héroïne consommée dans le monde.

Bonne lecture !

samedi 13 juin 2009

Pour Laura


En 1990, Alexandre Arcady, réalisateur français, tourne en Israël le film Pour Sacha avec Sophie Marceau (Laura) et Richard Berry (Sacha). Ils sont Français et juifs, ils habitaient Paris... Ils avaient décidé de partir vivre en Israël pour réaliser leur rêve, au kibboutz Yardena, en Galilée, au bord du lac de Tibériade. Au pied du Golan qui est alors la frontière et d'où l'artillerie syrienne bombarde les Israéliens... C'était juste avant l'été 1967, il finissait son service militaire comme officier dans les parachutistes...


Voici quelques extraits dans lesquels Sacha parle de Laura ou s'adresse à elle.


Sacha parle de Laura avec Judith (Yael Abecassis) la belle italienne. Jeune juive italienne, elle est venue travailler au kibboutz comme volontaire pendant ses vacances d'été. Chaque année des milliers de jeunes de la diaspora sont volontaires dans les kibboutzim. Elle parle seulement italien, mais Sacha profite de l'occasion pour se confier, tout en sachant qu'elle ne le comprend pas.

« T'es tout le temps en train de rire, toi, hein... Comment tu fais ? … E bella...
Mais c’est elle que j’aime, c’est à Laura que je pense tout le temps.
Je sais qu’tu comprends pas, je sais... Mais ça me fait du bien de parler... Quelques fois on a le cœur qui déborde... J’voudrais pas lui faire de mal, pas abîmer ses rêves... Mais j’fais partie de son rêve, tu comprends... Difficile d’être à la fois un homme et une image...
Je sais qu’un jour elle s’en ira... J’l’ai toujours su... J’l’aime trop, tu comprends. Et quand on veut garder l’amour, il vous échappe... C’est comme ça... C’est comme ça... »

Lettres que Sacha envoie à Laura pendant la guerre des Six Jours. Pour le film, l'unité parachutiste de Sacha est engagée d'abord sur le front sud, lors de la phase initiale de la guerre des Six Jours contre l'armée égyptienne. D'abord à Gaza, puis dans le désert du Sinaï. Lorsque les paras israéliens occupent Charm el-Cheikh ils débloquent le détroit de Tiran, dont la fermeture a provoqué la guerre. Enfin, les paras entre dans la vieille ville de Jérusalem, réalisant la promesse de retour du peuple juif. En réalité ces actions ont bien été réalisé par des parachutistes, mais d'unités différentes, le personnage de Sacha est donc impossible historiquement. Mais il a l'avantage de montrer les exploits de Tsahal en trois jours...
1ère lettre :
Lundi 5 juin 1967, région de Gaza

« Laura j’ai décidé de t ‘écrire tous les jours. Je n’ai pas le droit de te dire où on est, secret militaire... Il fait chaud. Mon barda pèse une tonne.
J’n’ai pas fermé l’œil de la nuit, alors j’ai relu Les fleurs du mal, ça m’a rappelé Paris, le café de la rue Richet, tu te rappelles ?… Paris, c’est tellement loin.
Aujourd’hui c’est la guerre... La guerre… jamais je n’aurais imaginé qu’un jour je ferais la guerre. Mais comment faire autrement ?
Laura, je t’aime. »
2ème lettre :
Mardi 6 juin 1967, matin, désert du Sinaï
« Laura, aujourd’hui la guerre ressemble à c’que j’imaginais, une vrai saloperie. On s’est tiré dessus pendant des heures. J’ai vu mourir deux d’entre nous tout à l’heure. Juste une rafale. Ils sont tombés à cinq mètres de moi. Puis les avions sont venus bombarder.
Et pourtant au milieu de tout ça, dans le bruit, les cris et les explosions, il n’y a pas un instant où je ne pense à toi, car si tu n’étais pas là, avec moi, si proche de moi, j’aurais peut-être peur.
On nous trimbale de tous les côtés. Parfois c’est à peine si l’on sait où on est...
Je me demande souvent, combien il y a de types comme moi dans toute cette pagaille, que leur amour protège.
Il fait une chaleur incroyable... J’ai vu des paysages magnifiques. Je t’y emmènerai. »
3ème lettre :
Mardi 6 juin 1967, après-midi, Sharm al-Sheikh, Mer Rouge
« Les soldats que l’on fait prisonniers ont le même âge que nous. Les soldats que l’on soigne ont le même regard que nous.
J’ai trouvé ce matin une lettre qu’une femme égyptienne avait envoyée à son mari. Il s’appelait Ibrahim. Elle ne sait pas encore qu’il est mort. Combien de lettres bouleversantes comme celle-là resteront à jamais sans réponse ?
Pourtant, tout ici, les lumières, les parfums ou les levers de soleil, ne parle que de la vie.
Aujourd’hui, grâce à cette lettre, j’ai compris qu’il suffit de presque rien, d’un café encore chaud sur un réchaud à gaz, d’un soldat bricoleur, d’un branchement de téléphone. Aujourd’hui, je suis heureux, Laura. J’ai entendu ta voix au téléphone et je me sens fort comme jamais je ne l’ai été.
La vie est simple et belle.
Je t’aime. »
4ème et dernière lettre :
Mercredi 7 juin 1967, Jérusalem
« Il fait beau ce matin. Le ciel est pur. C’est un de ces matins où les hommes sortent de leur sommeil en se demandant si, par un matin pareil, la guerre est possible.
Nous avons tous la gorge serrée…
Ce matin, plus que jamais, on voudrait que ce soit déjà la nuit.
Laura, si tout va bien, dans quelques heures nous serons devant le mur des Lamentations.
Depuis presque deux mille ans, on nous a empêchés de le voir. Et tout à l’heure, nous poserons le front sur les pierres du temple de Salomon. Tu ne peux pas imaginer l’émotion qu’il y a ici.
Il y a moins d’un kilomètre qui nous sépare du mur sacré, un kilomètre et deux mille ans d’histoire.
J’aimerais t’écrire plus longuement, je me sens si proche de toi. J’ai tant d’amour pour toi et je n’aime pas la guerre…
Ce soir, j’arriverai à t’écrire. J’ai tant de choses à te dire. Mais tout se bouscule. Comment trouver les mots, Laura, pour témoigner du sentiment qui m’envahit ? Je ne savais pas que je portais cela en moi. Ça te fera sans doute sourire venant de moi mais je dois te le dire et je sais que tu comprendras.
Depuis mon réveil, il y a une phrase qui m’obsède. C’est un psaume où il est dit : "Nous allions à la maison de l’Éternel. Nous nous tenions à tes portes, Jérusalem. Jérusalem bâtie telle une ville unie" ».
Alors que les parachutistes israéliens débouchent devant le mur des Lamentations et commencent à prier, une fusillade éclate. Sacha est tué d'une balle dans le dos. La guerre se termine trois jours plus tard, le 10 juin. Elle n'a duré que six jours. L'armée israélienne a donné des frontières sûres à l'État hébreux. Au nord, le plateau du Golan, à l'est le fleuve Jordain et au sud le canal de Suez. Les territoires occupés représentent quatre fois la taille d'Israël avant le 5 juin (la majorité de ces territoires est constitué du désert du Sinaï restitué à l'Egypte en 1982). Tsahal a gagné la guerre d'une façon éclatante en 1967, Israël cherche toujours la paix aujourd'hui...
UN FILM A VOIR !

mercredi 10 juin 2009

Premier article dans ASSAUT

Dans le numéro 41 de juin du magazine ASSAUT (http://www.assaut.fr/) vous trouverez un article de présentation très complet de l'armée irakienne que j'ai rédigé. Je vous encourage à l'acheter pour être au courant des toutes dernières évolutions de l'expérience irakienne et aussi pour me soutenir dans ma collaboration avec ASSAUT, le but est d'essayer de publier dans ASSAUT des articles objectifs sur la situation militaire actuelle et sur notre alliance avec les Etats-Unis. Normalement d'autres articles sont prévus sur les Peshmerghas, les forces spéciales irakiennes et l'armée suisse.

J'ai visité le 1e-2e Régiment de Chasseurs (sur chars Leclerc) à Verdun la semaine dernière et j'ai été agréablement surpris d'entendre les officiers et le chef de corps parler des Américains et des Israéliens (le régiment rentre du Liban) comme étant leurs amis !

Développer l'amitié franco-américaine et nos alliances avec les démocraties, c'est l'actualité de nos soldats et le transmettre au public est un de mes objectifs.

dimanche 9 novembre 2008

L'armée irakienne en héritage

Alors que l’Amérique se prépare à un transfert de pouvoir démocratique d’une administration républicaine à la nouvelle administration démocrate, la question de l’avenir de l’Irak reste posée. Lors de la campagne la position de Barack Obama était fermement arrêtée sur un retrait rapide, cependant le sujet de l’attitude des Etats-Unis par rapport au gouvernement irakien et à ses forces de sécurité -- les Américains vont-ils cesser de soutenir cette composante clé dans la guerre contre la terreur ? -- n’est pas très clair. Il semble peut probable qu’on assiste à un virage à 180° de la part de la nouvelle administration alors que la guerre est gagnée.


Un point sur l’état actuel des forces de sécurité irakiennes s’impose. Depuis mon dernier article en mars (http://ffgop.canalblog.com/archives/2008/03/19/8389107.html), il y a eu quelques changements. Les forces de sécurité relèveront maintenant de trois ministères : celui de la défense (pour les forces terrestre, aérienne et la marine) ; de l’intérieur (pour la police nationale, les unités de police locales et les gardes-frontières) et enfin d’un ministère de lutte contre le terrorisme qui est en cours de création (il regroupera les forces d’opérations spéciales qui sont actuellement rattachées au ministère de la défense et les forces d’intervention d’urgence qui dépendent de chaque provinces et sont actuellement rattachées au ministère de l’intérieur). Cette nouvelle assignation devrait permettre une plus grande efficacité tout en améliorant la balance des pouvoirs au sein des institutions irakiennes et évitant ainsi les risques de dictature militaire.


Vous avez sûrement constaté qu’on ne parle plus de l’Irak aux infos… La plupart des spécialistes s’accordent pour dire que la situation s’améliore et que la démocratie se met en place. Quelle démocratie ? Alors que des élections provinciales sont prévues dans les mois qui viennent, toutes les villes, tous les villages, toutes les communautés ont vu des organes représentatifs se mettre en place. Beaucoup d’établissements scolaires sont reliées à internet, beaucoup sont jumelés avec des écoles américaines, les cours d’anglais ont pris une proportion considérable. Différentes associations assurant la promotion des femmes se sont créées. Des milliers d’associations civiles américaines se sont investies en Irak, des ONG de premier secours, des associations pour aider au « nation building », différents jumelages, d’écoles, de stations de pompiers, de villes… Une société civile irakienne est née et se développe.


L’unité nationale se remet en place, on peut dire que les différentes communautés irakiennes n’ont jamais vraiment été séparées, peut-être que les pouvoirs locaux avaient pris plus d’importance à mesure que le gouvernement national était faible. Le développement d’un gouvernement central fort et démocratique ouvre aujourd’hui à l’Irak les portes d’un avenir prospère. Une grande part de l’unité nationale est conférée par les forces irakiennes de sécurités. En effet, celles-ci, mis à part une entité kurde qui conserve encore une certaine indépendance acquise par 15 ans d’autonomie, sont un mélange des communautés, des officiers kurdes, sunnites ou chiites se retrouvent dans toutes les unités de l’armée et de la police nationale. Si certaines unités ont des effectifs plus important de l’une ou l’autre des communautés cela est dû essentiellement aux régions de leurs recrutements, mais toutes les unités sont en fait pluriethniques et multiconfessionnelles.


Les forces de police se développent, les unités locales chargées des tâches civiles de ce qu’on peut appeler la police « traditionnelle » ou « occidentale » sont en cours de formation à partir des officiers formés par les nouvelles écoles régionales, avec notamment des standards éthiques et de respect des droits de l’homme à l’image de la police américaine. C’est un élément clé de la mise en place d’une société démocratique, des femmes y sont intégrées en nombre significatif (http://thesop.org/index.php?article=1290). Les unités de police nationale et d’intervention, qui participent directement aux combats contre le terrorisme, et ont donc des structures plus militaires, accueillent en grand nombre les anciens soldats des forces armées de Saddam Hussein. La force aérienne irakienne se prépare à une renaissance dans les années à venir, des commandes d’avions de combat F-16, d’hélicoptères Bell 407, EC-635 et Gazelle ainsi que d’avion de transport C-130J et d’avions d’entraînement T-6 sont annoncées (http://www.longwarjournal.org/archives/2008/11/plans_for_iraqi_air.php). De nombreux anciens pilotes de l’ancien régime ont repris du service et les écoles et centres de formation mis en place par la coalition sont à présent opérationnels.


L’armée irakienne compte aujourd’hui 17 divisions, et il est probable que trois autres seront crées ou transférées du gouvernement régional kurde, pour obtenir l’équivalent de cinq corps à quatre divisions, ce qui semble être le standard actuel, à savoir une force d’action rapide (FAR) à quatre divisions et quatre corps d’armée territoriaux à quatre divisions chacun. Deux des divisions officielles sont des unités kurdes en cours de transfert d’autorité du gouvernement régional kurde, mais on sait que le gouvernement kurde disposent encore d’unités militaires qui à terme doivent être rattachées à l’armée nationale de l’Irak, les deux dernières divisions crées au niveau national (17ème et 18ème divisions) intègrent des éléments kurdes et il est probables que les nouvelles divisions qui seront crées fassent de même et qu’on ait pas de transfert d’unités complètes qui posent des problèmes de loyalisme. Aujourd’hui, chaque divisions a une zone territoriale qui a en principe servit de base à son recrutement et qu’elle doit protéger, mais les camps d’entraînements qui sont maintenant en place et les écoles d’officiers ne sont pas rattachés aux divisions et n’ont pas d’attaches territoriales. Donc les soldats affectés à chaque division proviennent en fait de tout l’Irak. A terme, chacune doit devenir modulaire comme dans l’armée américaine, et donc chaque brigade ou bataillon doit pouvoir être rattaché à n’importe quelle division.


Aujourd’hui quatre divisions sont dites « d’intervention rapide », il est probable qu’elle forme l’ossature d’une FAR nationale qui s’ajouterait au quatre corps d’armée annoncés. Ces divisions sont : la 1ère, la 4ème, la 7ème et la 9ème divisions de l’armée irakienne (DAI). Ces unités pourraient à terme ne plus couvrir de zone territoriales. On compte ensuite quatre groupements territoriaux qui pourraient devenir des corps d’armée, vu que l’armée irakienne doit compter quatre corps d’armée d’après les prévisions officielles. Le développement des forces aériennes laisse prévoir cinq brigades d’hélicoptères qui appuieraient les corps d’armée, cela conforte les prévisions de cinq corps d’armée, quatre territoriaux et la FAR.


Au Nord-Ouest, du Nord du Kurdistan jusqu’en Anbar, les 2ème, 3ème et 15ème DAI forment un groupement, la 2ème division, actuellement déployée à Mossoul, est très aguerrie et en sureffectif, il est question de la transférer en Anbar pour la réentraîner et de la transformer en unité « commando », c'est-à-dire à vocation aéromobile, si le standard d’une division commando par corps est respecté. Il est probable que la 2ème division, qui est l’unité en sureffectif de la zone donne naissance à la quatrième division du corps d’armée qui pourrait couvrir la province d’Anbar puisque actuellement il n’y a plus d’unité territorialement rattachée à cette province. La 3ème division, déployée en Ninive fait face à la Syrie. La 15ème division, en cours de transfert, est une unité de montagne qui couvre le Nord du Kurdistan autour de Dahuk, face aux frontières turque et iranienne.


Au Nord-Est, les 5ème, 12ème et 16ème DAI forment un groupement qui pourrait être renforcé par des unités actuellement sous l’autorité du gouvernement régional kurde et est sûrement la base d’un corps mécanisé qui assurera la sécurité de l’Irak et de Bagdad face à l’Iran. La 5ème division qui achève la sécurisation de la province de Diyala, entre Bagdad et la frontière iranienne est une des unités qui a connu le plus de combat de l’armée irakienne. La 12ème achève son réentraînement car elle est formée d’unités auparavant destinées à la défense statique des pipelines, elle est en sureffectifs. C’est le cas aussi de la division qui couvrait la zone, la 4ème, et qui est maintenant rattachée à la FAR. La 16ème division est quant à elle une unité de montagne kurde en cours de transfert qui couvre le Sud du Kurdistan autour de Sulaymania. Il est probable qu’une nouvelle division soit crée à partir des sureffectifs et d’unités kurdes pour couvrir Kirkuk.


S’étendant sur la capitale et vers le Sud, un groupement comprenant les 6ème, 11ème et 17ème DAI existe aujourd’hui, il est possible qu’une autre division soit formée pour couvrir le Sud-Est de Bagdad, et ainsi agrandir la zone du corps armée de Bagdad et réduire un peu celle du corps d’armée Sud qui pourrait plus efficacement couvrir sa zone. Le PC de la 6ème division est relocalisé à Taji, tandis que le Sud-Ouest de la ville est à présent couvert par la nouvelle 17ème division commando, créée à partir d’unités très entraînées issue des 6ème, 11ème, 8ème DAI et d’unités commandos kurdes. La 11ème division qui couvre l’Est de la capitale va probablement être transformée en division blindée et il est probable qu’une quatrième division s’ajoute au corps d’armée de la région de Bagdad.


Le quatrième groupement qui deviendra sûrement un corps d’armée est le « groupement Sud », qui avec la création en cours de la 18ème DAI à Maysan, a atteint la force de quatre divisions. Ce groupement comprend la 8ème DAI qui est une division commando, qui couvre actuellement une grande région au sud de Bagdad de la frontière saoudienne à la frontière iranienne et pourrait avoir une zone de responsabilité un peu moins étendue si celle du corps de Bagdad s’étend. La 10ème division couvre ensuite le Sud-Ouest de cette région, la nouvelle 18ème division qui se met en place à l’Est de la 10ème fera face à l’Iran. Enfin l’extrême Sud du pays, avec la ville de Bassora est couvert par la 14ème division.


Le commandement des forces terrestres irakiennes compte donc 17 divisions actuelles, réparties en une FAR et quatre groupements territoriaux, des unités appartements directement à ces corps d’armées sont en cours de formations. Les divisions sont actuellement réparties comme ceci, les 1ère, 2ème, 4ème, 6ème, 8ème, 17ème et 18ème sont des divisions d’infanterie/commando. Les 3ème, 5ème, 7ème, 9ème, 10ème, 11ème, 12ème et 14ème sont des divisions blindées/mécanisées. Et les 15ème et 16ème sont des divisions de montagne. Des commandes de chars M-1 et de LAV sont déjà officielles, l’armée irakienne est donc bien en passe de devenir un acteur régional majeur et probablement un atout dans la guerre contre la terreur. A condition que le prochain président américain ne veuille pas se retirer trop vite.